c) Son role politique et son combat

 

LA MAGISTRATURE.

1957. Licenciée en droit et dimplômée de l’Institut d’études politiques, elle renonce finalement à sa carrière d'avocat pour entrer dans la magistrature.

Elle rejoint le ministère de la Justice et est affectée à l' Administration pénitentiaire. Elle y restera douze ans, pendant lesquels elle se battra contre les conditions de vie en prison, qui sont une atteinte à la dignité humaine.

1969. Elle rejoint le cabinet de René Pleven, garde des Sceaux du gouvernement Chaban-Delmas. Un an plus tard, elle abandonne son poste pour des raisons familiales.

1970. 14 mars : Simone Veil, âgée de 42 ans, est nommée secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Sa tâche consiste entre autres à instruire les dossiers des condamnés à mort qui réclament la grâce présidentielle.

L'ENTRÉE EN POLITIQUE.

1974. Elle entre réellement  en politique en devenant ministre de la Santé publique de Valéry Giscard d'Estaing dans les gouvernements Chirac et Barre (1974-1979), fonction qu'elle cumule avec la responsabilité de la Sécurité sociale (1976), puis celle de la Famille (1978).

LA LOI SUR L’IVG.

1974. Peu de temps après son entrée au gouvernement, elle mène une action en faveur de la libéralisation de l'accès à la contraception.

1975. Elle poursuit son combat pour les droits de la femme en parvenant à faire adopter, face à des parlementaires hostiles, la loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG). C’est par la loi qui porte son nom (loi Veil, entrée en vigueur le 17 janvier 1975) qu'elle se fait connaître et durablement apprécier du public. Elle devient, et le reste longtemps, la personnalité politique la plus populaire de France.

LA PRÉSIDENCE DU PARLEMENT EUROPÉEN.

1979.Ardente militante européenne, elle quitte le gouvernement pour conduire, à la demande de Valéry Giscard d’Estaing, la liste Union pour la démocratie française (UDF) lors des premières élections européennes au suffrage universel, devenant dans la foulée la première présidente du Parlement européen, fonction occupée jusqu'au début de l'année 1982.

1984.Pro-européenne convaincue, elle s'engage à nouveau en prenant la tête d'une liste d'union RPR-UDF. Sa liste obtient, le 17 juin, plus de 43 % des voix.

1989.Simone Veil se présente à nouveau aux élections européennes (elle est à la tête d’une liste du Centre, dissidence de l'UDF). Son directeur de campagne est François Bayrou.

1990. Elle qualifie d' «inadmissible » la création de fichiers informatisés de la police, décidée par le gouvernement du premier ministre Michel Rocard. Le projet est retiré en mars 1990.

RETOUR AU GOUVERNEMENT.

1993-1995. Elle abandonne ses mandats européens et prend le portefeuille du ministère des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, dans le gouvernement Balladur, et devient la première femme ministre d'État. Durant ces deux années, elle met en place des mesures protégeant les médecins étrangers travaillant en France (Praticiens à Diplôme Hors Union Européenne, PADHUE).

1997-1998. Âgée de 70 ans, Simone Veil devient présidente du Haut Conseil à l'intégration.

1998-2007. Elle siège ensuite pendant près de dix ans au Conseil constitutionnel.

2000-2007. Elle est présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

2005. Mai : malgré son devoir de réserve, elle apporte sa caution au projet de Constitution européenne soumis à référendum. Elle appelle à voter "OUI" au referendum du 29 mai, provoquant une polémique sur la compatibilité de son engagement et sa présence au Conseil constitutionnel.

2007. à l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme et tout juste libérée de son devoir de réserve lié à son mandat de membre du Conseil constitutionnel, elle annonce sa décision de soutenir Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007, sans pour autant devenir présidente de son comité de soutien, comme cela avait été envisagé. Toutefois, cela ne l'empêche pas de garder sa liberté de jugement et, à l'annonce de la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale par le candidat de l'UMP au cas où il serait élu, elle répond qu'elle aurait préféré un ministère « de l'Immigration et de l'Intégration ». « Je n'ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë », déclare-t-elle dans une interview au journal Marianne. Ajoutant que cette idée était « plus grave qu'une imprudence », dans une interview au mensuel Tribune juive d'avril 2007.

Son soutien à Nicolas Sarkozy n'est toutefois pas remis en cause, comme en témoignent les nombreuses critiques adressées au candidat centriste UDF François Bayrou : « Bayrou ne représente que lui-même » dans le Figaro du 8 mars 2007, ainsi que la suite de l'interview, dans laquelle elle déclare : «Nicolas est gentil. Il peut être brutal dans son expression mais les gens ont tort de douter de son humanité. C'est un ami fidèle. Pour moi, c'est important. Quand on choisit un président, on a envie de quelqu'un qui ait ces qualités-là. Ce n'est pas toujours le cas. »

2008. Le président de la République annonce qu'il l'a chargée de « mener un grand débat national pour définir les nouveaux principes fondamentaux nécessaires à notre temps, les inscrire dans le Préambule de la Constitution », nommant la «diversité » qui « ne peut pas se faire sur une base ethnique ». Le décret du 9 avril 2008 portant création d’un comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution, qui prévoit la remise d'un rapport avant le 30 juin, suscite l'opposition d'Anne-Marie Le Pourhiet, qui y voit un risque de « saper le principe d'égalité de tous devant la loi ».

Le 15 février 2008, forte de sa qualité de présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, Simone Veil s'oppose au projet du président Nicolas Sarkozy de confier la mémoire d'un enfant juif de France mort dans la shoah à chaque élève de CM2 : « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste ».

Elle a été promue directement à la distinction de Grand Officier de la Légion d'honneur le 1er janvier 2009.

Une autre reconnaissance de son action publique est son élection parmi les Immortels. Le 9 octobre 2008, invitée par Maurice Druon et François Jacob, Simone Veil présente sa candidature à l'Académie française au fauteuil de Pierre Messmer. Le 20 novembre 2008, elle est élue au premier tour de scrutin par 22 voix sur 29 (5 blancs, 2 marqués d'une croix, 0 aux autres candidats).

Simone Veil occupe désormais le treizième fauteuil à l'Académie française, en remplacement de l'ancien Premier ministre Pierre Messmer, décédé en août 2007. Elle retrouve sous la coupole l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing de 1974 à 1981, élu en 2003.

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