b) Tabous et polémiques de l'époque


dsc-0027.jpgManifestation d'un mouvement anti-avortement dans les années 1990

 

 

La stratégie des mouvements anti-avortement en France


Les premiers mouvements anti-avortement sont apparus en France des 1970 soit 3 ans âpres le vote de la loi Neuwirtz en 1967 qui autorise la
contraception orale. Cette loi suscite le mécontentement des mouvements antiféministes qui trouvaient impensable qu’une femme puisse décider de poursuivre une grossesse ou non.

Apres le vote de la loi Veil en 1975 qui légalise l’IVG, des associations se fondent pour essayer de convaincre les femmes, lors
d’entretiens préalables, de ne pas se faire avorter. Ces associations hostiles au contrôle des naissances vont créer pour cela des permanences téléphoniques ainsi que des maisons d’accueils.

Mais les premiers véritables mouvements de manifestation se fondent en 1980 lorsqu’Yvette Roudy prépare une proposition de remboursement de l’IVG. C’est alors qu’en 1987 les premières violences contre les centres hospitaliers apparaissent. Ces mouvements de violences bénéficient du soutient de trois groupes idéologiques :

- Les mouvements “pro-life” venu des Etats-Unis qui envahissent les centres hospitaliers et financent des
photos de fœtus truquées, des tracs mal traduits, vidéocassettes dont le “Cri silencieux”

- L’intégrisme religieux Français qui est une organisation internationale qui recrute des intellectuels, des chefs d’entreprises, des politiques. Ils ont en plus le soutient de Jean-Paul II qui créée le 19 mars 1994 l’Académie Pontificale pour la vie.

- Les politiques extrêmes comme le Front Nationale qui est opposé aux luttes féminines et qui est le membre fondateur et actifs des mouvements anti-avortement. Les idéologies d’extrême droite se manifestent dans les manifestations anti-IVG relativisant les mesures d’extermination des juifs dans les camps. Encore dans les années 2000 certains parlementaires d’extrême droite essayaient de rendre difficile l’application de la loi Veil et de limiter les moyens de planification des naissances.

Depuis 1987 plus de cent manifestations et actes de violences ont été porté a des centres hospitaliers privés ou publiques. Ces manifestations se
traduisent par des dégradations de matériels, un harcèlement du personnel hospitalier, et une occupation des locaux. Les militants traitent les médecins d’assassins et de nazis. C’est alors qu’en 1990 les premières plaintes contre les mouvements anti-IVG surgissent.  Malheureusement elles seront classées sans suite par le Parquet. Mais dès 1992 des peines de prison allant de 3 a 6 mois ainsi que des amandes allant de 2000 à 5000F, seront adressé aux perturbateurs.
Depuis le vote de la loi Neiertz en 1993 les mouvements de révoltes sont moins nombreux. Mais les militants anti-avortement toujours présents. Encore de nos jours en 2011, des manifestations contre l’IVG ont lieu dans les rues des
grandes villes français. 


Les avis concernant l’IVG sont tres partagés. Certains médecins se révoltent de manière forte contre cette nouvelle mesure qui viserait selon eux à dégrader la société et a ébranler les valeurs de la France.


Comme Xavier Dor, ancien pédiatre, qui a manifesté a plusieurs reprises son mécontentement. Président de l’association SOS-Tout- Petits il a été arrêté et jugé plusieurs fois pour non respect de la loi Neiertz de 1993. En juin 1997 il était entré dans une clinique de Parly II avec une banderole “ Ici, on tue les bébés, sauvons les”. Il avait alors été condamné à une amende de 600 000F.

De plus il a publiquement utilisé les thermes suivants : “ l’avortement est un crime. Pire que celui d’Hitler. Plus sournois encore, parce que là, c’est l’enfance qui est visée, et qu’ils remboursent ca. Soyons clairs: la République est une gueuse criminelle, la Déclaration des droits de l’homme, un acte satanique, et la presse, aux mains des trotskistes.”

Docteur Dor, récidiviste ayant fait l'objet de 11 condamnations, condamné une fois à la prison ferme et interdit de contact avec ses amis et les CIVG pavane dans les prétoires au milieu de ses groupies et organise des manifestations devant les centres médico-chirurgicaux à Versailles ; infraction remarquée, l'attaque du CIVG à Reims lors de la visite du Pape.

- A Valenciennes, le directeur de l'hôpital ayant participé à un commando contre son propre établissement est condamné à une des plus lourdes peines : il est relevé des sanctions administratives par le ministre J.Barrot.

- Les dommages ne sont payés qu’après coûteuses injonctions par huissiers ou le plus souvent jamais payées.

 

 

 

 

 



Mouvement de Libération de la femme


Le Mouvement de Libération de la Femme se créée en 1970 en France a la suite d’une manifestation faite le 26 aout. Environ une quinzaine de femmes ont déposées une gerbe sous l’Arc de Triomphe en l’honneur de la femme du soldat inconnu. Elles possèdent plusieurs banderoles sur lesquelles il est écrit : Il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme.

Le MLF est composé de militantes féministes qui veulent se battre pour résoudre et supprimer les injustices. Elles luttent en faveur de l’avortement et dénoncent les viols, les agressions sexuelles ainsi que l’inceste. De plus elles crient haut et fort qu’elles sont pour de nouvelles crèches et garderies, elles partagent les taches ménagères avec leurs maris.

On peut distinguer trois tendances principales dans le MLF :

Premièrement, la tendance « Lutte des classes/Luttes des Femmes» tente d’associer l’analyse  marxiste et la revendication féministe, et
prône la double militance : au MLF pour les questions des femmes, dans les organisations politiques de gauche pour la « politique générale » ayant analysé qu'il y avait un lien important entre ces luttes bien qu'il puisse y avoir affrontement sur la question spécifique des femmes. Cette politique est défendue à l'origine par le Cerle Elisabeth Dimitriev qui s'impliqua dans le MLF dès le début 1970 pour un mouvement autonome et non mixte et dans la campagne du "Manifeste des 343" pour la contraception et l'avortement. Elle est présentée dans la plate forme "Sortir de l'ombre, pour un féminisme autogestionnaire"

Ensuite, la tendance féministe qui se subdivise entre féministes radicales et féministes réformistes. Pour les radicales comme Monique Wittig, il s’agit d’accéder au lesbianisme et d’abolir le terme « femme » marqué par l’oppression : à l’horizon le « genre », et ce qui se nommera le «queer ». Christine Delphy, pour qui les femmes constituent une classe définie par l’obligation de « fournir des services domestiques gratuits », préconise la prise de pouvoir par les femmes pour parvenir à « la destruction totale du système de production et de reproduction patriarcal ». L’orientation réformiste s’incarne dans la Ligue du droit des femmes, présidée par Simone de Beauvoir et dans plusieurs collectifs d’aide aux femmes (tels que SOS Femmes violées).

Enfin, le groupe « Psychanalyse et Politique », développé autour d’Antoinette Fouque qui se présente comme "une tendance politique du mouvement" dans son manifeste D'une Tendanc[e ]et propose une articulation de l'inconscient et de l'histoire qui a fait la spécificité d'une partie du mouvement français. Antoinette Fouque veut « faire émerger le sujet femme » et dégager, contre le dogme Freudien. « Il n’y a qu’une libido et elle est phallique», une autre libido qu’elle appellera bientôt libido 2 ou libido utérine. Cette tendance du MLF, financée par la mécène Sylvina Boissonnas, est à l'origine des éditions Des femmes (1973), des librairies Des femmes à Paris (1974-1999), Marseille (1976-1989) et Lyon (1977-1988), du journal le Quotidien des Femmes, en 1974, du mensuel et de l'hebdomadaire Des femmes en mouvements 1977 à1982 .

Malgré les polémiques et les dissensions, les différents groupes se retrouvent ponctuellement, jusqu’en 1976, pour des actions communes : pour le droit à l’avortement, contre les violences faites aux femmes

En octobre 1979, Antoinette Fouque crée une association loi de 1901 Mouvement de Libération des Femmes - MLF dont elle est présidente, et dépose le sigle MLF à l'institut national de la Propriété Industrielle, sans consultation préalable de l'ensemble du Mouvement. Ce geste d'appropriation déclenche une importante polémique relayée par les médias. En mars 1982, Antoinette Fouque se dégage de toute responsabilité politique active à l'association "MLF déposé". En 1989, elle crée l'Alliance des Femmes pour la Démocratie. En octobre 2008, plusieurs historien(ne)s et une centaine de militantes historiques du MLF répondent à la tentative d'Antoinette Fouque de célébrer prématurément les "40 ans" du Mouvement

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 Manifestation du MLF en mai 1970







 



 



 



 



 



 



 



 



 



 

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