a) Histoire de l'avortement au XXème siècle, dans le monde et en France

L’avortement est un acte qui a eu lieu de tout temps. Souvent considéré comme un mal, sanctionné par le code d'Hammourabi au 18ème siècle av. J-C, interdit par le serment d'Hippocrate au 4ème siècle av J-C, rarement médical il a presque toujours été illégal jusqu'au XXeme siècle après JC, grâce à la loi Veil en France. 

  

De nombreuses femmes ainsi que quelques hommes se sont battus pour que cette loi soit mise en place dans les meilleures conditions, rendant l'acte médicalement sécurisé et légalement autorisé.

 

Le vote de cette loi a représenté une révolution dans l’histoire de la Femme Moderne.


Histoire de l’avortement en France au XXeme siècle

 

1920 : La contraception est interdite par la loi. Toute forme quelconque de contraception est passible d’amende, voire d’une peine de prison. Ces mesures ont pour but de faire augmenter le taux de natalité en France au détriment de la condition féminine.

1942 : La loi se durcit, considérant l'avortement comme un “Crime contre l’Etat”. Les femmes ayant recourt à la pratique de l’avortement sont condamnées à la peine de mort.

1955 : L'avortement thérapeuthique est autorisé.

1966 : Betty Friedman, écrivaine et féministe américaine fonde l’Organisation nationale des femmes. Elle cherche grâce à cette association à obtenir l’égalité entre les deux sexes. Son objectif étant de s’opposer à la limitation du rôle de la femme à une vie maritale et maternelle au sein de la société, elle est considérée comme précurseur des mouvements de lutte en faveur de l’avortement.

1967 : Vote de la loi Neuwirth qui contredit la loi du 31 juillet 1920 en autorisant la contraception mais sans prise en charge par la Sécurité Sociale. L’avortement reste totalement interdit.

1970 : Naissance du MLF, Mouvement de Libération des Femmes, constitué de groupes de femmes qui luttent contre le manque de reconnaissance vis a vis de la gente féminine.

1971 : Publication du “Manifeste des 343”. Avec le soutient du MLF, le journal du “Nouvel Observateur” publie une pétition comportant la signature des "343 salopes" qui avouent avoir eu recours à l’avortement de manière illégale. Elles réclament le droit d’accéder à la contraception ainsi qu’à l’avortement en toute légalité.

1972 : Le procès de Bobigny s’achève. Marie Claire Chevalier est relaxée aux termes de nombreuses semaines de procès pour avoir eu recours à un avortement clandestin. La libération de cette jeune femme est considérée comme une victoire pour le MLF et les "343 salopes".

17 janvier 1975 : Vote de la loi Veil. Le ministre de la santé Valery Giscard d’Estaing fait voter le texte autorisant l’avortement en France. Cette loi est néanmoins votée pour une durée provisoire de 5 ans.

 

L'Avortement dans le monde

 

Etats - Unis : Aux Etats-Unis, le droit à l’avortement reste l’un des plus débattus.

Malgré la loi autorisant les femmes à cesser leur grossesse avant le sixième mois, une loi a été votée en 2007 contestant une certaine pratique de l’avortement tardif. En réalité, 88% des IVG sont pratiqués dans les douze premières semaines de grossesse.
Cependant, le nombre de cliniques qui pratiquent l’avortement est minime,dans le Dakota du sud un seul établissement pratique l’IVG pour une population de plus de 800 000 habitants. En 2010, le gouvernement de Barack Obama avait annoncé que la sécurité sociale américaine ne rembourserait pas la pratique de l’avortement sauf en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la vie de la mère.

 

 

En Europe, le droit à l'avortement se généralise lentement à la suite de l'exemple français

 

En 2010, il se produit un avortement toutes les 27 secondes en Europe (UE des 27), soit presque un 1,2 millions d'avortements par an. 6 pays totalisent 900 000 avortements à eux seuls (77%): la France, l'Italie, le Royaume-Uni, la Roumanie, l'Allemagne et l'Espagne.

Italie : L’avortement y est autorisé depuis 1978.

La polémique s’est faite plutôt autour de la pilule abortive RU486, qui provoque un accouchement chimique et permet d’éviter la chirurgie. Le gouvernement ainsi que l’église jurent d’excommunier les médecins prescrivant ce médicament ainsi que les femmes ayant prit cette pilule pourtant autorisée jusqu’à cinq semaines de grossesse. Autre problème, en 2007 les gynécologues italiens faisaient jouer leur droit de conscience et refusaient de pratiquer l’avortement malgré la loi autorisant cette pratique.

Espagne : Les tensions sont fortes entre les pourfendeurs de l’IVG et les partisans du “libre choix”.

Jusqu'en 2009, l’avortement était uniquement autorisé en cas de viol, de malformation de fœtus ou de “danger physique ou psychique sur la mère”. Le 26 septembre 2009 une loi a été votée qui dépénalisait et autorisait l’avortement jusqu’à 12 semaines; une réforme très critiquée par les civils Espagnols qui ont manifesté à Madrid le 17 octobre 2009 avec l’appui de plusieurs personnalités politiques tel que le conservateur espagnol Mariano Rajoy ainsi que le cardinal Rouco Varela.
Le texte a quand même adopté par la chambre des députés en décembre 2009.

Les pays européens qui sont restrictifs en matière d'avortement sont la Pologne, l'Irlande Malte et Chypre.

Irlande : Le gouvernement irlandais, très attaché à sa culture, refuse la pratique de l’IVG sauf si la vie de la mère est en danger.

La ville de Dublin avait demandé aux autres gouvernements européens de ne pas imposer la dépénalisation de l’avortement à l’Irlande avant le referendum sur le Traité de Lisbonne en 2009. Pourtant, prés de 6 000 irlandaises avouent avoir eu recourt à un avortement clandestin dans d’autres pays européens. De plus, deux femmes irlandaises ont porté plainte contre leur gouvernement pour “Viol face à la Convention Européenne des Droits de l’Homme.”

Portugal : Le gouvernement Portugais était à l’origine totalement contre l’IVG.

Deux referendum espacés de presque 10 ans auront été nécessaires, un en 1998 et un en 2007. Le droit à l’avortement jusqu’a dix semaines a été autorisé au Portugal en 2009.
 

Reste du monde  l’avortement est autorisé à titre exceptionnel (viol ou vie de la mère en danger) dans quelques pays : Andorre, Australie, Brésil, Cameroun, Chypre, Colombie, Maroc, Malte, Pologne, Saint Marin, Togo, Venezuela. Il reste strictement interdit dans certains pays comme l’Algérie, le Chili, l'Iran, le Nicaragua par exemple.

On estime à 50 millions par an le nombre d'avortements dans le monde, et à plus d'un milliard le nombre total d'avortements légaux réalisés depuis les diverses légalisations depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Ce sont d'abord les régimes soviétiques qui ont légalisé l'avortement, dès les années soixante, atteignant des taux d'avortement records. C'est ensuite la majorité des pays dits développés qui ont décriminalisé l'avortement dans les années 70. Aujourd'hui, de nombreuses pressions sont exercées sur les pays en voie de développement, tant en Afrique qu'en Amérique centrale et en Amérique du sud pour la légalisation de l’avortement.



 



 



 



 

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